TIPE 2026 · Cycles, boucles · filière MP
Travail d'Initiative Personnelle Encadré — session 2026

Cycles et boucles au cœur du GNSS : quelle part de la relativité générale dans la précision d'un positionnement par satellite ?

Une chaîne de simulation complète du positionnement GNSS, construite pour répondre à une question simple par le calcul : de combien se tromperait un récepteur si l'on retirait la correction relativiste ?

Thème annuel
Cycles, boucles
Filière
MP
Candidat
Commutator
n° candidat 1234
Travail
Individuel

Partie AMise en Cohérence des Objectifs du TIPE

Document fondateur du TIPE, déposé lors de la première phase. Les compteurs vérifient le respect des limites imposées par le SCEI.

Positionnements thématiques

Le premier positionnement relève de la discipline de la filière, conformément aux attendus.

Rang & domaineSous-domaineJustification
1. PHYSIQUEMécaniqueDynamique orbitale, métrique de Schwarzschild en champ faible, propagation du signal dans un référentiel tournant.
2. MATHÉMATIQUESAnalyse numériqueRésolution d'un système non linéaire par linéarisation itérative, moindres carrés, conditionnement.
3. INFORMATIQUEInformatique pratiqueImplémentation d'une chaîne de simulation complète et de deux algorithmes de résolution en Python/NumPy.

Mots-clés

FrançaisAnglais
pseudodistancepseudorange
relativité généralegeneral relativity
moindres carrésleast squares
mode communcommon mode
dilution de précisiondilution of precision

Rubriques rédigées

Ancrage au thème annuel « Cycles, boucles »46 / 50 mots

Le GNSS est un empilement de boucles. Boucle orbitale : la constellation se répète en un demi-jour sidéral. Boucle de résolution : position et temps se déterminent mutuellement. Boucle numérique de Newton-Gauss. Et la boucle conceptuelle d'Einstein, où la matière courbe l'espace-temps qui guide en retour la matière.

Motivation du choix du sujet47 / 50 mots

On lit partout que sans correction relativiste le GPS dériverait de onze kilomètres par jour. Ce chiffre m'a paru suspect : un décalage identique sur tous les satellites ne devrait-il pas s'absorber dans l'inconnue d'horloge du récepteur ? J'ai voulu trancher par le calcul plutôt que par l'argument d'autorité.

Problématique retenue36 / 50 mots

Quelle part de l'erreur de position d'un récepteur GNSS est réellement imputable aux effets relativistes, une fois pris en compte le fait que le récepteur résout simultanément sa position et le biais de sa propre horloge ?

Objectifs personnels71 / 100 mots

Construire une chaîne de simulation complète et vérifiable : constellation képlérienne, génération des pseudodistances, résolution de position. Implémenter deux algorithmes indépendants — la solution fermée de Bancroft et la boucle itérative de Newton-Gauss — et les faire se contrôler mutuellement. Injecter séparément chaque terme relativiste (séculaire, excentricité, Sagnac) pour mesurer sa contribution propre à l'erreur de position. Confronter le résultat obtenu au chiffre de onze kilomètres par jour couramment avancé, et expliquer quantitativement l'écart.

Bibliographie commentée 408 / 650 mots

N. Ashby, « Relativity in the Global Positioning System »
Living Reviews in Relativity, vol. 6, art. 1, 2003
Article de référence, écrit par le physicien qui a participé à la définition des corrections embarquées. C'est la source qui m'a fourni la décomposition des trois termes (gravitationnel, cinématique, excentricité) et la valeur exacte du décalage de fréquence appliqué en usine. C'est aussi lui qui souligne, en une phrase que j'ai d'abord mal comprise, qu'un décalage commun est sans effet sur la position — remarque qui est devenue le cœur de mon travail.
S. Bancroft, « An Algebraic Solution of the GPS Equations »
IEEE Transactions on Aerospace and Electronic Systems, AES-21(1), p. 56-59, 1985
Quatre pages qui donnent une solution exacte, non itérative, du problème de positionnement, en utilisant le produit pseudo-euclidien de Minkowski. J'ai implémenté cet algorithme pour disposer d'un second solveur totalement indépendant du premier : la comparaison des deux est devenue mon principal outil de validation.
C. Misner, K. Thorne, J. Wheeler, « Gravitation »
W. H. Freeman, 1973, chapitres 17 et 18
M'a servi pour la limite newtonienne de l'équation de champ : le passage de G(µν) = 8πG/c⁴ · T(µν) à ∇²Φ = 4πGρ, et surtout l'identification g(00) = −(1 + 2Φ/c²) dont tout mon travail dépend. Ouvrage difficile ; je n'en ai exploité que le calcul de champ faible, que j'ai refait entièrement.
US Space Force, « IS-GPS-200, Navstar GPS Space Segment / Navigation User Interfaces »
Interface Specification, révision en vigueur
Document normatif du système. C'est la source des paramètres numériques réalistes de ma simulation (demi-grand axe, inclinaison, excentricité typique) et la formule officielle de la correction d'excentricité, Δt = −2√(µa)·e·sin E / c², que j'ai reprise telle quelle.
B. Hofmann-Wellenhof, H. Lichtenegger, E. Wasle, « GNSS — Global Navigation Satellite Systems »
Springer, 2008
Manuel de référence dont j'ai tiré le formalisme des moindres carrés appliqué au GNSS, la définition rigoureuse des facteurs DOP et la correction de rotation terrestre. C'est là que j'ai compris que l'effet Sagnac n'était pas une subtilité négligeable.
E. Kaplan, C. Hegarty, « Understanding GPS/GNSS: Principles and Applications »
Artech House, 3ᵉ édition, 2017
Utilisé pour le budget d'erreur d'un récepteur réel (ionosphère, troposphère, multitrajets), afin de replacer mes résultats relativistes dans un ordre de grandeur opérationnel et d'éviter de surestimer leur importance relative.
H. Fliegel, R. DiEsposti, « GPS and Relativity: An Engineering Overview »
Precise Time and Time Interval (PTTI) Meeting, 1996
Source décisive pour ma conclusion. Écrit par des ingénieurs du système et non par des théoriciens, il établit que seuls les effets relativistes DIFFÉRENTIELS entre satellites affectent la navigation, un biais commun étant absorbé par l'estimation d'horloge. C'est ce document qui m'a permis de comprendre que mon résultat « aberrant » était en fait le bon, et de le formuler correctement.
P. Misra, « Inside the box: GPS and relativity »
GPS World, octobre 2023
Article court d'un co-auteur d'un manuel de référence, qui énonce explicitement ce que ma simulation retrouve : le biais relativiste commun se confond avec celui du récepteur et l'estimation de position n'en est pas affectée — mais la diffusion de temps, elle, est ruinée. M'a servi de contre-expertise après coup.
J. B. Hartle, « Gravity: An Introduction to Einstein's General Relativity »
Addison-Wesley, 2003, chapitre 6
Traitement pédagogique de la dilatation gravitationnelle du temps, plus accessible que Misner-Thorne-Wheeler. M'a permis de vérifier indépendamment mon expression de dτ/dt avant de la coder.

Partie B · 1Le point de départ : un chiffre trop rond

Presque toute vulgarisation du GPS contient la même phrase : sans correction relativiste, le système dériverait d'une dizaine de kilomètres par jour. Ce travail part de la volonté de vérifier ce chiffre — et découvre en chemin qu'il ne mesure pas ce qu'on lui fait dire.

Le raisonnement habituel tient en deux lignes. Les horloges embarquées avancent de 38,6 microsecondes par jour par rapport au sol ; multiplié par la vitesse de la lumière, cela fait 11,6 km de distance par jour. Le calcul est juste. La conclusion qu'on en tire ne l'est pas nécessairement.

Car un récepteur GNSS ne mesure pas des distances : il mesure des pseudodistances, et il résout simultanément quatre inconnues — trois de position, une d'horloge. Or un décalage identique sur tous les satellites est mathématiquement indiscernable d'un décalage de l'horloge du récepteur. Il devrait donc être absorbé par l'inconnue temporelle, sans toucher à la position. Si c'est vrai, les 11,6 km par jour ne sont pas une erreur de position : c'est une erreur de datation.

Problématique

Quelle part de l'erreur de position d'un récepteur GNSS est réellement imputable aux effets relativistes, une fois pris en compte le fait que le récepteur résout simultanément sa position et le biais de sa propre horloge ?

Pourquoi ce sujet s'inscrit dans « Cycles, boucles »

Le GNSS n'est pas ancré au thème par métaphore : il est littéralement constitué de boucles emboîtées, et chacune intervient dans ce travail.

  1. Boucle orbitale. La constellation a une période de 11,97 h — un demi-jour sidéral. La géométrie du ciel se referme exactement deux fois par jour (figure 4).
  2. Boucle de mesure. La position dépend du temps de propagation, qui dépend de la position. Le temps d'émission ne peut être obtenu que par itération.
  3. Boucle algorithmique. Le système d'équations est non linéaire : la résolution par Newton-Gauss est une boucle de linéarisations successives (figure 1).
  4. Boucle de rétroaction relativiste. Le potentiel gravitationnel détermine la marche des horloges, qui détermine la position calculée, laquelle sert à évaluer le potentiel. C'est la boucle de Wheeler : la matière courbe l'espace-temps, qui guide la matière.
  5. Boucle de correction périodique. Le terme relativiste d'excentricité est sinusoïdal sur une orbite : une correction qui se répète indéfiniment (figure 3).

Partie B · 2Modélisation : de la géométrie à l'équation de mesure

2.1 · L'équation de pseudodistance

Le récepteur date la réception avec sa propre horloge, imparfaite. La grandeur qu'il obtient n'est donc pas la distance ρi mais la pseudodistance

(1) Pi = ‖XiX‖ + d

X = (xyz) est la position cherchée, Xi celle du satellite i, et d = c b le biais d'horloge du récepteur exprimé en mètres. Le point décisif est que d est le même pour tous les satellites : c'est la même horloge qui les date tous.

2.2 · Trois satellites, puis quatre

Si l'horloge était parfaite (d = 0), trois sphères suffiraient. En développant les carrés, le bloc x²+y²+z² est commun à toutes les équations : on l'élimine en soustrayant la première des autres, ce qui linéarise le système.

(2) 2(XiX1X = (si² − s1²) − (ρi² − ρ1²)

Deux équations linéaires pour trois inconnues : le lieu est une droite, qu'on réinjecte dans une sphère pour obtenir un trinôme et deux solutions, dont une seule est proche de la surface terrestre.

Avec l'inconnue d'horloge, le même procédé fonctionne : en élevant (1) au carré, le terme d² s'élimine en même temps que le bloc quadratique. Il reste trois équations linéaires pour quatre inconnues, d'où la nécessité d'un quatrième satellite.

2.3 · Deux résolutions indépendantes

Solution fermée de Bancroft (1985)

En munissant ℝ⁴ du produit pseudo-euclidien de Minkowski ⟨a,b⟩ = a1b1 + a2b2 + a3b3a4b4, et en posant ai = (Xi, Pi) et u = (X, d), l'équation (1) devient

(3)uai, uai⟩ = 0

c'est-à-dire : le récepteur appartient au cône de lumière de chaque satellite. Toute la physique du GNSS tient dans cette ligne, et le fait que la métrique de Minkowski apparaisse ici n'est pas une coïncidence formelle — c'est la structure causale de l'espace-temps qui définit la mesure.

En posant λ = ½⟨u,u⟩, le système devient linéaire en u à λ fixé : u = λp + q, et la contrainte ⟨u,u⟩ = 2λ donne un simple trinôme en λ. Aucune itération, aucun point de départ.

Boucle itérative de Newton-Gauss

Avec n > 4 satellites, le système est surdéterminé. On linéarise autour d'une estimation courante, avec ei le vecteur unitaire récepteur → satellite :

(4) H = [ −eiT   1 ]i=1..n     Δu = (HTH)−1HTΔP

La matrice Q = (HTH)−1 ne dépend que de la géométrie et fournit les facteurs d'affaiblissement (DOP), qui multiplient l'erreur de mesure pour donner l'erreur de position.

2.4 · Les deux boucles cachées du modèle de mesure

Deux effets sont faciles à oublier et coûtent chacun plusieurs dizaines de mètres.

  • Temps d'émission. Le satellite a émis ~70 ms plus tôt, et s'est déplacé de 270 m depuis. Sa position doit être évaluée à l'instant d'émission, lequel dépend de la distance cherchée : encore une boucle.
  • Rotation terrestre (effet Sagnac). Pendant la propagation, le repère ECEF tourne. À l'instant simulé, la correction va de -18,6 m à +22,4 m selon le satellite ; sur 24 h l'enveloppe atteint ±25,3 m à Paris et ±38 m à l'équateur, pour une borne théorique ωEaRT/c = 41,2 m (137 ns). La négliger produit une erreur de 23,3 m — soit davantage que tous les termes relativistes réunis.
Ce que cette étape m'a coûté

Pendant trois semaines, ma chaîne conservait une erreur résiduelle de 24 m que j'attribuais au solveur. Elle venait du modèle : j'injectais la rotation terrestre dans la génération des mesures sans l'appliquer à la résolution. Générer et résoudre doivent partager exactement les mêmes hypothèses, sans quoi on mesure ses propres incohérences au lieu de la physique.

Partie B · 3De l'équation d'Einstein au décalage des horloges

Il s'agit ici de descendre de l'équation de champ jusqu'à un nombre de microsecondes par jour, sans sauter d'étape.

3.1 · L'équation de champ et sa limite de champ faible

(5) Gμν = (8πG/c⁴) Tμν

À gauche la courbure, à droite le contenu en énergie-impulsion. Autour de la Terre le champ est faible : on pose gμν = ημν + hμν avec |h| ≪ 1. En régime statique et pour des vitesses faibles, l'équation des géodésiques se réduit à d²xi/dt² = (c²/2)·∂i h00. L'identification avec a = −∇Φ donne

(6) g00 = −(1 + 2Φ/c²)

Résultat central : le potentiel newtonien n'est rien d'autre que la déformation de la composante temporelle de la métrique. La gravitation que nous subissons quotidiennement est une courbure du temps, pas de l'espace. En réinjectant (6) dans (5) on retrouve d'ailleurs ∇²Φ = 4π, ce qui fixe le coefficient 8πG/c⁴.

3.2 · Marche d'une horloge

Le temps propre d'une horloge de vitesse v au potentiel Φ s'écrit, au premier ordre :

(7) dτ/dt = 1 + Φ/c² − v²/(2c²)

Appliquée au satellite puis à une horloge posée sur le géoïde, et soustraite, elle donne trois contributions.

ContributionExpressionÉcart relatif µs / jour
Gravitationnelle (RG)
altitude, potentiel plus faible → l'horloge avance
Φsat/c² − Φsol/c² +5,2914·10⁻¹⁰+45,718
Cinématique (RR)
3 874 m/s → l'horloge retarde
v²/(2c²) −8,3491·10⁻¹¹-7,214
Écart géoïde / modèle sphérique
rotation terrestre et aplatissement J₂, qui se compensent sur le géoïde
Φsol/c² − W₀/c² +8,024·10⁻¹³+0,069
Total +4,4646·10⁻¹⁰ +38,574

Attention à ne pas confondre le troisième terme avec « l'effet de la rotation terrestre » : sur le géoïde, le terme centrifuge (+0,104 µs/j à l'équateur, +0,045 µs/j à Paris) est exactement compensé par l'aplatissement, de sorte que toutes les horloges du géoïde battent au même rythme. Ce qui reste ici n'est que l'écart entre le potentiel réel W₀ et le modèle sphérique −µ/RT que j'ai utilisé pour isoler la part gravitationnelle.

La relativité générale est câblée en usine

Les deux effets ne se compensent pas : il reste +38,57 µs/jour. La parade est élégante — l'oscillateur des satellites est volontairement déréglé avant le lancement, à 10 229 999,995 433 Hz au lieu de 10,23 MHz exactement, pour qu'une fois en orbite il paraisse juste vu du sol. La relativité générale n'est pas une correction logicielle : c'est un réglage matériel.

3.3 · Les deux termes que l'on oublie

Terme d'excentricité. L'orbite n'étant pas rigoureusement circulaire, Φ et v varient au cours d'une révolution. Le décalage constant de §3.2 doit être complété par un terme périodique

(8) Δtr = −2√(μae·sin E / c²

d'amplitude ±22,9 ns pour e = 0,01, soit 6,9 m de portée. (Convention IS-GPS-200 : l'expression ci-dessus est la correction à appliquer ; Ashby écrit le même terme avec le signe opposé car il décrit l'effet.) Point capital pour la suite : ce terme dépend de l'anomalie excentrique E, donc de chaque satellite pris séparément. Il n'est pas un mode commun.

Effet Sagnac. Purement cinématique en repère tournant, il est de même nature relativiste et se traite par une rotation de la position du satellite d'un angle ωEτ.

Partie B · 4Construction et validation de la simulation

4.1 · Ce que le programme fait

  1. Constellation képlérienne : 6 plans, 4 satellites par plan, i = 55°, a = 26 559,8 km, période 11,97 h.
  2. Masque d'élévation 5° depuis Paris (48,857° N ; 2,352° E) → 7 à 9 satellites visibles.
  3. Résolution du temps d'émission par itération, puis correction de rotation terrestre.
  4. Génération des pseudodistances, avec injection contrôlée de chaque perturbation.
  5. Résolution par Newton-Gauss et par Bancroft.

4.2 · Le test qui rend les résultats exploitables

Avant toute conclusion physique, il fallait garantir que la chaîne boucle : sans aucune perturbation, la position retrouvée doit être exactement celle injectée. C'est un test de non-régression, exécuté avant chaque expérience.

2.0 nm
Erreur résiduelle Newton-Gauss
49 µm
Erreur résiduelle Bancroft
4
Itérations pour atteindre le mm depuis le centre de la Terre
2
Algorithmes indépendants qui concordent

Les deux solveurs, qui ne partagent aucune ligne de code, s'accordent à 5·10⁻⁵ m près. C'est ce qui autorise à interpréter ensuite un écart de quelques mètres comme un effet physique et non comme un artefact numérique.

2026-08-02T15:14:24.881422 image/svg+xml Matplotlib v3.11.1, https://matplotlib.org/
Figure 1 — La boucle de Newton-Gauss converge quadratiquement quel que soit le point de départ, y compris depuis le centre de la Terre ou l’antipode. Le nombre d’itérations est le prix à payer pour la non-linéarité ; il reste faible, ce qui explique qu’un récepteur puisse recalculer sa position plusieurs fois par seconde.

Partie B · 5Résultats

5.1 · Résultat principal : le terme séculaire est un mode commun

L'expérience consiste à supprimer la correction relativiste et à laisser le décalage s'accumuler, puis à résoudre normalement. Trois lectures sont comparées.

2026-08-02T15:14:25.087198 image/svg+xml Matplotlib v3.11.1, https://matplotlib.org/
Figure 2 — Erreur de position en fonction de la durée écoulée sans correction. La lecture naïve c·Δt (orange) est un ordre de grandeur de distance, pas une erreur de position. Sur une constellation idéale (vert), le décalage est strictement commun et se reporte intégralement sur le biais d’horloge : l’erreur de position reste centimétrique. Sur une constellation réelle (bleu), la dispersion des demi-grands axes rend les taux légèrement différents d’un satellite à l’autre, et c’est cette part différentielle seule qui dégrade la position.
11,56 km
Lecture naïve cΔt après 1 jour
2,3 cm
Erreur réelle, constellation idéale
8,4 m
Erreur réelle, constellation dispersée
×1375
Surestimation de la lecture naïve à 1 an
Résultat

Le chiffre de 11,6 km/jour n'est pas une erreur de position : c'est une erreur de datation, et elle est absorbée par l'inconnue d'horloge que le récepteur résout de toute façon. Sur une constellation idéalement homogène, l'erreur de position correspondante est de 2,3 cm par jour. Ce qui dégrade réellement la position, c'est la fraction différentielle du décalage — ici 8,4 m par jour, soit 1375 fois moins que le chiffre couramment avancé.

D'où vient le chiffre, et qui l'a corrigé

La formulation d'origine est d'Ashby lui-même (Physics Today, 2002) : sans correction, « les erreurs d'horloge accumulées en un seul jour causeraient des erreurs de navigation de plus de 11 km ». C'est cette phrase qui a fait le tour de la vulgarisation. La littérature d'ingénierie GPS la nuance explicitement : Fliegel & DiEsposti (PTTI, 1996) montrent que seuls les effets différentiels entre satellites comptent pour la navigation, et P. Misra (GPS World, 2023) écrit que ce biais commun « serait absorbé avec celui, bien plus grand, de l'horloge du récepteur — l'estimation de position ne serait pas affectée ». Ma simulation retrouve ce résultat de façon indépendante. À noter aussi que les 11,6 km sont la valeur atteinte en fin de journée entre deux recalages, la moyenne étant d'environ 5,8 km.

Ce que le résultat ne dit pas

Il ne dit pas que la correction relativiste serait inutile. Elle reste indispensable pour deux raisons que ma simulation met en évidence : la part différentielle croît linéairement et dépasse la précision nominale de 5 m en moins d'un jour ; et le GNSS est aussi un service de transfert de temps, pour lequel une dérive de 38,6 µs/jour est rédhibitoire — les réseaux de télécommunication et les horodatages financiers en dépendent.

Recoupement avec la littérature

Deux vérifications indépendantes confortent ces chiffres.

  • Résidu d'éphémérides. Ma constellation idéale donne 2,3 cm après un jour. Une estimation analytique indépendante — vitesse radiale ≲ 900 m/s multipliée par 38,6 µs — donne ≈ 3 cm. Même ordre de grandeur.
  • Dérive différentielle. Ashby donne la formule δ(Δf/f) = 3GMδa/(2c²a²). Pour la dispersion effectivement tirée dans ma constellation (σ = 15,8 km), elle prédit 1,4932·10⁻¹³ ; ma simulation mesure 1,4941·10⁻¹³, soit 0,06 % d'écart. Le modèle numérique reproduit donc exactement le résultat analytique publié.

5.2 · Le terme d'excentricité, lui, est différentiel dès la première seconde

2026-08-02T15:14:25.819408 image/svg+xml Matplotlib v3.11.1, https://matplotlib.org/
Figure 3 — En haut, l’écart entre les corrections d’excentricité des différents satellites visibles : chacun étant à une phase orbitale différente, l’écart ne s’annule jamais. En bas, l’erreur de position qui en résulte si la correction n’est pas appliquée. Contrairement au terme séculaire, elle est immédiate et ne dépend pas de la durée écoulée.

L'erreur moyenne est de 6,62 m (maximum 7,07 m), pour une amplitude de correction de seulement 22,9 ns. C'est le terme relativiste qui pèse le plus lourd sur la position instantanée, alors que son amplitude est 1 684 fois plus faible que la dérive séculaire accumulée en 24 h. Ce n'est pas l'amplitude d'une correction qui compte, c'est son caractère différentiel.

5.3 · Le cycle de la géométrie

2026-08-02T15:14:26.987089 image/svg+xml Matplotlib v3.11.1, https://matplotlib.org/
Figure 4 — Facteurs d’affaiblissement de la précision et nombre de satellites visibles sur 24 h. Les pointillés marquent les multiples de la période orbitale : le motif se referme sur lui-même, illustration directe du thème « cycles, boucles ». Les pics de PDOP correspondent aux instants où les satellites visibles sont mal répartis dans le ciel.

Le PDOP oscille entre 1,39 et 2,49 (moyenne 1,76), pour 7,7 satellites visibles en moyenne. C'est ce facteur qui convertit une erreur de mesure en erreur de position : la même erreur d'horloge coûte près de deux fois plus cher aux instants défavorables.

5.4 · Budget d'erreur

2026-08-02T15:14:29.400395 image/svg+xml Matplotlib v3.11.1, https://matplotlib.org/
Figure 5 — Erreur de position induite par chaque poste isolé, toutes choses égales par ailleurs. Les termes relativistes sont en orange. La hiérarchie est contre-intuitive : la correction de rotation terrestre pèse plus lourd que l’ensemble des termes relativistes, et le terme séculaire — le plus gros en amplitude — est le moins coûteux en position.
PosteErreurNature
Rotation terrestre / Sagnac négligée 23,32 m différentiel, géométrique
Terme d'excentricité non corrigé 6,56 m différentiel, périodique
Désynchronisation horloges satellites (σ = 10 ns) 5,26 m différentiel, aléatoire
Terme séculaire, 1 jour, constellation réelle 4,44 m partiellement commun
Bruit de mesure (σ = 1 m) 1,79 maléatoire
Terme séculaire, 1 jour, constellation idéale 4 cm mode commun pur

5.5 · Pourquoi la redondance change tout

2026-08-02T15:14:29.718521 image/svg+xml Matplotlib v3.11.1, https://matplotlib.org/
Figure 6 — Erreur de position provoquée par un biais d’horloge affectant un seul satellite. En configuration minimale à 4 satellites le système est exactement déterminé : l’erreur passe intégralement dans la solution. Avec 8 satellites, les moindres carrés répartissent le résidu et divisent l’erreur par 9.

Avec 4 satellites l'amplification mesurée vaut 4,2c ; avec 8 satellites elle tombe à 0,48c, soit un facteur 9. La redondance n'améliore pas seulement la géométrie : elle dilue les erreurs individuelles. C'est l'argument technique qui justifie l'usage simultané de GPS, Galileo, GLONASS et BeiDou par les récepteurs modernes.

Partie B · 6Analyse critique et limites

Une simulation ne prouve que ce que son modèle contient. Voici ce que le mien ne contient pas, et en quoi cela borne mes conclusions.

Hypothèse simplificatriceEffet négligé Conséquence sur mes conclusions
Orbites képlériennes pures Aplatissement terrestre J₂, pression de radiation, Lune et Soleil Modifie la géométrie instantanée, donc les valeurs exactes de DOP. Sans effet sur la conclusion principale, qui porte sur la structure commune/différentielle.
Aucune propagation atmosphérique Ionosphère (jusqu'à 30 m), troposphère (2 à 25 m) Dominent le budget d'erreur réel. Mes chiffres relativistes sont donc des contributions relatives, non un budget opérationnel complet.
Segment sol absent Le contrôle au sol resynchronise les horloges et diffuse des polynômes de correction Limite la plus importante. Ma courbe de dérive séculaire suppose qu'aucune correction n'est appliquée ; en pratique la dérive est bornée par le suivi au sol.
Récepteur immobile, mono-fréquence Dynamique, effet Doppler, combinaison bi-fréquence Sous-estime les performances réelles d'un récepteur moderne.
Dispersion des demi-grands axes tirée aléatoirement Valeurs réelles publiées dans les almanachs La valeur de 8,4 m/jour est un ordre de grandeur, pas une mesure. Elle dépend linéairement de l'écart-type choisi (20 km).

Ce que je referais autrement

  • Utiliser des almanachs GPS réels plutôt qu'une constellation nominale, pour remplacer la dispersion tirée au hasard par les demi-grands axes effectifs.
  • Écrire le test de non-régression avant le solveur, et non après : il m'aurait fait gagner les trois semaines perdues sur l'erreur de 24 m.
  • Comparer à des relevés NMEA d'un récepteur réel, pour confronter le modèle à la mesure — c'est le prolongement naturel de ce travail.

ConclusionCe que la simulation a réellement montré

Le chiffre de onze kilomètres par jour, dont je suis parti, est arithmétiquement exact et physiquement mal interprété. Il quantifie une dérive de datation, non une erreur de position : parce que le récepteur résout son horloge en même temps que sa position, toute perturbation commune à l'ensemble des satellites lui est transparente.

Ce qui dégrade réellement la position, ce sont les termes différentiels : le terme d'excentricité (6,62 m, immédiat et permanent), la dispersion des orbites réelles (8,4 m par jour, cumulatif) et, plus lourd encore que l'ensemble des effets relativistes, la correction de rotation terrestre (23,3 m). La leçon générale dépasse le GNSS : dans un système qui estime ses propres biais, ce n'est pas l'amplitude d'une perturbation qui compte, mais sa structure — et seule la part qui n'est pas commune se paie.

La relativité générale reste indispensable au GNSS. Mais la simulation montre qu'elle l'est pour des raisons plus subtiles, et plus intéressantes, que celle qu'on répète habituellement.

Partie CDéroulé Opérationnel du TIPE

Huit étapes chronologiques, chacune sous la limite de 50 mots. Le SCEI attend explicitement que les difficultés et les impasses y figurent : ce sont ici les étapes 3, 4 et 5.

1
Juillet 2025 — Choix du sujet
Le thème « Cycles, boucles » paraît au Bulletin officiel en avril. En lisant un article de vulgarisation sur le GPS, je tique sur les « 11 km par jour ». Je décide d'en faire mon sujet et me procure l'article d'Ashby.
2
Septembre 2025 — Cadrage théorique
Reprise de la limite newtonienne de l'équation d'Einstein pour retrouver g(00) = −(1+2Φ/c²), puis calcul à la main des trois contributions au décalage d'horloge. Je retrouve les 38,6 µs/jour publiés : le formalisme tient.
3
Octobre - novembre 2025 — Première simulation, premier échec
Constellation et solveur codés en Python. Le solveur converge mais laisse une erreur résiduelle de 24 m, insensible à tout réglage. Trois semaines perdues à chercher un bug dans les moindres carrés, qui n'y était pas.
4
9 décembre 2025 — Identification de l'erreur
L'erreur venait du modèle de mesure, pas du solveur : la rotation terrestre était injectée à la génération sans être corrigée à la résolution. Appliquée des deux côtés, l'erreur résiduelle tombe à 3·10⁻⁹ m.
5
Janvier 2026 — Le résultat inattendu, et dépôt du MCOT
En injectant le terme séculaire, je trouve une erreur quasi nulle au lieu des kilomètres attendus. D'abord pris pour un bug ; c'est en réalité le mode commun. Le MCOT est déposé le 28 janvier autour de cette découverte.
6
Février 2026 — Isolement des termes différentiels
Ajout d'une dispersion réaliste des demi-grands axes, puis du terme d'excentricité. Ce sont eux, et non le terme séculaire, qui produisent une erreur métrique. Construction du budget d'erreur poste par poste.
7
Mars 2026 — Validation croisée
Implémentation du solveur fermé de Bancroft, indépendant du premier. Les deux méthodes concordent à 5·10⁻⁵ m près. Étude du DOP sur 24 h, qui rattache explicitement le travail au thème des cycles.
8
Avril - juin 2026 — Contre-expertise et préparation
Fliegel & DiEsposti puis Misra confirment le mode commun ; je corrige trois erreurs d'étiquetage, dont le troisième terme du tableau. Quantification des limites du modèle. Présentation déposée le 2 juin.

Calendrier détaillé et jalons du concours

Le DOT étant contraint à 50 mots par étape, voici le déroulé complet sur l'année, mis en regard des échéances officielles de la session 2026.

PériodeTravail réalisé Échéance SCEI
Avril 2025Publication du thème « Cycles, boucles » au Bulletin officielThème annuel
Juillet 2025Choix du sujet, lecture d'Ashby (Living Reviews, 2003)
Septembre 2025Limite newtonienne, calcul des trois termes relativistes
Octobre 2025Codage de la constellation képlérienne et du masque d'élévation
Novembre 2025Premier solveur Newton-Gauss — erreur résiduelle inexpliquée de 24 m
Décembre 2025Diagnostic : incohérence Sagnac entre génération et résolution
Janvier 2026Découverte du mode commun ; rédaction du MCOTDépôt MCOT : 15 janv. - 5 févr.
Février 2026Termes différentiels, budget d'erreur, étude de sensibilité
Mars 2026Solveur de Bancroft, validation croisée, étude du DOP sur 24 h
Avril 2026Contre-expertise bibliographique, correction de trois erreurs
Mai 2026Analyse critique des limites, rédaction, tracé des figures
2 juin 2026Dépôt de la présentation (PDF 4:3, moins de 5 Mo)Dépôt présentation : 25 févr. - 9 juin
Mi-juin 2026Validation par le professeur référentValidation : 11 - 19 juin
Été 2026Oral de 15 minutes devant le juryÉpreuve

Les dates de travail sont indicatives ; elles se modifient dans contenu.py, listes DOT et CALENDRIER. Les trois échéances en encadré sont, elles, celles publiées par le SCEI pour la session 2026.

AnnexeExtrait du code

La chaîne complète représente environ 400 lignes de Python/NumPy réparties en trois modules : gnss.py (modèle et solveurs), experiences.py (protocoles), figures.py (tracés). Le cœur de la boucle de Newton-Gauss :

def newton_gauss(S, P, u0=None, tol=1e-4, itmax=30, corriger_rotation=True):
    u, hist = (np.zeros(4) if u0 is None else np.array(u0, float)), []
    for k in range(itmax):
        rho, Sr = portee_geom(S, u[:3], corriger_rotation)   # boucle interne : Sagnac
        e  = (Sr - u[:3]) / rho[:, None]                     # vecteurs unitaires
        H  = np.column_stack([-e, np.ones(len(S))])          # matrice de geometrie
        du = np.linalg.lstsq(H, P - (rho + u[3]), rcond=None)[0]
        u += du
        hist.append(np.linalg.norm(du))
        if hist[-1] < tol:
            break
    return u, H, hist

Et la solution fermée de Bancroft, qui repose entièrement sur le produit de Minkowski :

mink = lambda a, b: a[0]*b[0] + a[1]*b[1] + a[2]*b[2] - a[3]*b[3]
A  = np.column_stack([S4, P4])                # lignes a_i = (x_i, y_i, z_i, P_i)
r  = np.array([0.5*mink(a, a) for a in A])
M  = np.diag([1., 1., 1., -1.])
p, q = M @ (np.linalg.inv(A) @ np.ones(4)), M @ (np.linalg.inv(A) @ r)
# <lam*p + q, lam*p + q> = 2*lam  ->  trinome en lam, deux racines
lam = np.roots([mink(p,p), 2*mink(p,q) - 2, mink(q,q)])

Conformément aux attendus, les listings complets sont à fournir en deux exemplaires papier le jour de l'oral.

Diapositives pour l'oral (15 min). Format 4:3, numérotées, sans animation — conformes aux attendus SCEI. Pour produire le PDF à déposer : imprimer cette vue (Ctrl/Cmd + P) en orientation paysage, « Enregistrer au format PDF ». Les encadrés gris sous chaque diapositive sont des notes de conduite : ils ne s'impriment pas.

Cycles et boucles au cœur du GNSS : quelle part de la relativité générale dans la précision d'un positionnement par satellite ?

Commutator — n° candidat 1234
Filière MP — travail individuel
Thème 2025-2026 : Cycles, boucles
Positionnements : Physique (mécanique) · Mathématiques (analyse numérique) · Informatique
1
Conduite — diapositive 1Se présenter en 15 secondes, puis enchaîner immédiatement sur le chiffre de la diapositive 2. Ne pas lire les positionnements à voix haute.
Point de départ

Le chiffre dont je suis parti

Presque toute vulgarisation du GPS contient cette phrase

11,6 km
par jour

« Sans correction relativiste, le GPS dériverait de onze kilomètres par jour. »

Δt = 38,6 µs/jour
× c = 3·10⁸ m/s
= 11,6 km/jour

L'arithmétique est juste.
Mais 11,6 km de quoi ?

2
Conduite — diapositive 2Insister sur la dernière question : c'est le pivot de tout l'exposé. Marquer un temps d'arrêt avant de passer à la suite.
Question

Ce qui m'a mis la puce à l'oreille

Un récepteur ne mesure pas des distances, mais des pseudodistances

Pi = ‖XiX‖ + d
  • 4 inconnues : la position X et le biais d'horloge d
  • d est le même pour tous les satellites — c'est la même horloge qui les date tous
  • Or un décalage relativiste identique sur tous les satellites… ressemble exactement à un biais d'horloge du récepteur

Ne devrait-il pas s'annuler ?

3
Conduite — diapositive 3C'est la diapositive la plus importante de l'exposé. Prendre le temps de faire voir que d est commun. Si le jury ne comprend que celle-ci, il comprend le travail.
Problématique

Problématique

Quelle part de l'erreur de position d'un récepteur GNSS est réellement imputable aux effets relativistes, une fois pris en compte le fait que le récepteur résout simultanément sa position et le biais de sa propre horloge ?

Méthode : construire une chaîne de simulation complète, y injecter chaque terme relativiste séparément, et mesurer sa contribution propre à l'erreur de position.

4
Conduite — diapositive 4Lire la problématique lentement, en entier. C'est le seul moment de l'exposé où lire une diapositive est justifié.
Ancrage

Ancrage au thème : cinq boucles emboîtées

Le GNSS n'est pas relié au thème par métaphore — il en est constitué

  • Boucle orbitale — la constellation se referme en 11,97 h, un demi-jour sidéral
  • Boucle de mesure — la position dépend du temps de propagation, qui dépend de la position
  • Boucle algorithmique — Newton-Gauss : linéarisations successives
  • Boucle relativiste — le potentiel règle les horloges, qui donnent la position, qui donne le potentiel
  • Boucle périodique — la correction d'excentricité se répète à chaque orbite
5
Conduite — diapositive 5Aller vite : 40 secondes maximum. Annoncer que les boucles 1, 3 et 5 réapparaîtront en figures.
Modèle

Modélisation : pourquoi quatre satellites

L'astuce est la même dans les deux cas — la soustraction linéarise

Horloge parfaite

3 sphères, 3 inconnues.
Soustraire l'équation 1 élimine x²+y²+z².

→ 2 équations linéaires + 1 trinôme
→ 2 solutions, une seule terrestre

Horloge réelle

4 inconnues (x,y,z,d).
En élevant au carré, d² s'élimine avec le bloc quadratique.

→ 3 équations linéaires + 1 trinôme
→ d'où le 4ᵉ satellite

Bénéfice inattendu : le récepteur se recale sur le temps atomique. Un GPS est aussi une horloge.

6
Conduite — diapositive 6Au tableau si le jury demande : écrire le développement du carré et montrer que d² disparaît. C'est la question la plus probable sur cette partie.
Méthode

Deux résolutions indépendantes

Se donner un moyen de se contrôler soi-même

Bancroft (1985) — fermée

uai, uai⟩ = 0

Produit de Minkowski : le récepteur est sur le cône de lumière de chaque satellite. Trinôme, deux racines, aucune itération.

Newton-Gauss — itérative

Δu = (HTH)−1 HTΔP

Accepte n > 4 satellites. Q = (HTH)−1 donne les DOP.

Aucune ligne de code commune → les deux se valident mutuellement.

7
Conduite — diapositive 7Souligner que la métrique de Minkowski apparaît dans l'algorithme lui-même : c'est le lien le plus direct entre relativité et calcul GNSS.
Validation

Validation avant toute conclusion

Sans perturbation, la chaîne doit boucler exactement

2.0 nm
Résidu Newton-Gauss
49 µm
Résidu Bancroft
×2
Algorithmes concordants
Trois semaines perdues

Une erreur résiduelle de 24 m que j'attribuais au solveur. Elle venait du modèle : la rotation terrestre était injectée à la génération mais pas corrigée à la résolution. Générer et résoudre doivent partager les mêmes hypothèses.

8
Conduite — diapositive 8Assumer l'échec franchement — les attendus SCEI valorisent explicitement la transparence sur les impasses. Ne pas s'excuser, expliquer le diagnostic.
Résultat 1

La boucle numérique converge

2026-08-02T15:14:24.881422 image/svg+xml Matplotlib v3.11.1, https://matplotlib.org/
9
Conduite — diapositive 9Une phrase suffit : convergence quadratique, 4 tours depuis le centre de la Terre. Ne pas commenter chaque courbe.
Théorie

D'Einstein aux microsecondes

Descendre de l'équation de champ jusqu'à un nombre, sans sauter d'étape

Gμν = (8πG/c⁴) Tμν   →   g00 = −(1 + 2Φ/c²)   →   dτ/dt = 1 + Φ/c² − v²/2c²
Termeµs/jour
Gravitationnel — altitude, l'horloge avance +45,7
Cinématique — 3 874 m/s, l'horloge retarde -7,2
Rotation terrestre au sol +0,069
Net+38,57
10
Conduite — diapositive 10Si le jury demande la limite newtonienne, la refaire au tableau : géodésique → Γ^i_00 → identification avec −∇Φ. C'est du cours de MP prolongé.
Théorie

La relativité générale est câblée en usine

10 229 999,995 433 Hz

au lieu de 10 230 000,000000 Hz

L'oscillateur de chaque satellite est volontairement déréglé avant le lancement, pour qu'une fois en orbite il paraisse juste vu du sol.

La relativité générale n'est pas une correction logicielle : c'est un réglage matériel.

11
Conduite — diapositive 11Diapositive courte et frappante — 20 secondes. C'est souvent celle que le jury retient.
Résultat 2

Résultat principal

2026-08-02T15:14:25.087198 image/svg+xml Matplotlib v3.11.1, https://matplotlib.org/
12
Conduite — diapositive 12Le cœur de l'exposé, 2 minutes. Ordre : (1) l'orange est le chiffre de départ ; (2) le vert est ce qui se passe si le décalage est strictement commun — il disparaît ; (3) le bleu est la réalité, seule la part différentielle se paie.
Résultat 2

Le chiffre de 11,6 km ne mesure pas une position

11,6 km
Lecture naïve cΔt, 1 jour
2,3 cm
Erreur réelle, constellation idéale
8,4 m
Erreur réelle, constellation dispersée
  • C'est une erreur de datation, absorbée par l'inconnue d'horloge
  • Seule la part différentielle dégrade la position
  • La correction reste indispensable : cette part dépasse 5 m en moins d'un jour, et le GNSS est aussi un service de transfert de temps
13
Conduite — diapositive 13Anticiper l'objection « donc la relativité ne sert à rien ? » en donnant spontanément les deux raisons du troisième point.
Résultat 3

Le petit terme qui coûte le plus cher

2026-08-02T15:14:25.819408 image/svg+xml Matplotlib v3.11.1, https://matplotlib.org/
14
Conduite — diapositive 14Insister : 22,9 ns d'amplitude seulement, mais 6,62 m d'erreur — parce que chaque satellite est à une phase orbitale différente. Ce n'est pas l'amplitude qui compte.
Résultat 4

Budget d'erreur : une hiérarchie contre-intuitive

2026-08-02T15:14:29.400395 image/svg+xml Matplotlib v3.11.1, https://matplotlib.org/
15
Conduite — diapositive 15Le point à faire passer : la correction de rotation terrestre pèse plus lourd que tous les termes relativistes réunis, et le plus gros terme relativiste est le moins coûteux en position.
Critique

Ce que le modèle ne contient pas

Une simulation ne prouve que ce qu'elle modélise

Négligé Conséquence
Ionosphère, troposphèreDominent le budget réel — mes chiffres sont des contributions relatives
Segment solLimite principale : en pratique la dérive séculaire est bornée par le suivi au sol
Perturbations orbitales (J₂)Change les DOP, pas la structure commune/différentielle
Dispersion tirée au hasardLes 8,4 m/jour sont un ordre de grandeur, pas une mesure
16
Conduite — diapositive 16Ne pas survoler : le critère « questionnement et méthode » se joue largement ici. Annoncer soi-même la limite du segment sol avant que le jury ne la trouve.
Conclusion

Conclusion

  • Le chiffre de 11,6 km/jour est exact et mal interprété : il quantifie une dérive de datation, pas une erreur de position
  • Dans un système qui estime ses propres biais, seule la part non commune d'une perturbation se paie
  • Les termes qui comptent sont différentiels : excentricité (6,6 m), dispersion orbitale (8,4 m/jour), et surtout la rotation terrestre (23 m)
  • Ouverture — confronter le modèle à des relevés NMEA réels, et étendre au RTK où la mesure de phase change la nature du problème
17
Conduite — diapositive 17Finir sur l'ouverture, pas sur un résumé. Garder 20 secondes de marge : l'exposé doit tenir en 15 minutes sans être coupé.